Qian Yi – Reporters / Photoshot

Après de nombreux rebondissements, Alexandre van der Bellen a bel et bien été élu Président de l’Autriche en décembre dernier. Il devient le deuxième président écologiste en Europe après le Lettonien Raimonds Vejonis.

Ce fils d’immigré russo-estonien a vaincu le candidat du FPÖ, Norbert Hofer, ce parti d’extrême-droite autrefois présidé par le tonitruant Jorg Haider, qui exerça le pouvoir en coalition avec les démocrates-chrétiens de l’ÖVP, au début des années 2000.

Une victoire du projet européen

La posture anti-européenne de Hofer – stratégiquement atténuée durant la campagne et dont certains redoutaient qu’il ne déclenche un « ÖXIT » – n’a donc pas joué en sa faveur. L’Autriche est située au centre de l’Europe et sa santé dépend de l’économie du continent. Aussi, en tant que petite nation exportatrice et ouverte sur le monde, les Autrichiens sont soucieux de leur image internationale.

Van der Bellen, quant à lui, est un pro-européen convaincu… mais pas béat : il dénonce l’austérité aveugle qui s’abat sur les citoyens européens. Cette austérité éveille aujourd’hui la conscience politique des jeunes adultes. Il a donc consacré le premier jour de sa Présidence à leur écoute. Là où le discours de Hofer jouait sur les angoisses et le repli sur soi, celui d’Alexandre Van der Bellen est porteur d’un message d’espoir, d’ouverture et de confiance en l’avenir. Et il semble avoir fait mouche, dans un pays où seuls 13 % des Autrichiens pensent que leurs enfants auront une vie plus facile que la leur.

Au cours de son premier voyage officiel à l’étranger, Alexandre Van der Bellen s’est rendu au Parlement européen. Sur fond de crise des réfugiés, et ayant à l’esprit le funeste projet trumpien de construire un mur à la frontière avec l’Italie, il a déclaré : « Aucun problème ne sera résolu en violant la dignité de quelqu’un, en rejetant ce qui est différent, en limitant les droits fondamentaux ou en construisant de nouveaux murs. Au contraire : nous créerions de nouveaux problèmes ».

Restons vigilants

Mais, ne nous voilons pas la face : si l’élection de Van der Bellen est incontestablement une victoire dans le contexte actuel du Brexit, de Trump, d’une Le Pen donnée gagnante en France ou de la montée de l’AFD en Allemagne, l’heure de vérité sonnera aux élections législatives autrichiennes de 2018. Le FPÖ est donné gagnant, même si les sociaux-démocrates ont réalisé une belle remontée cette dernière année, en n’étant plus distancés que de 4 points.

Espérons que, d’ici là, Van der Bellen aura fait souffler un vent nouveau sur son pays.


Van Der Bellen : un électorat féminin, éduqué et citadin

60% des autrichiennes ont voté pour lui. Ses électeurs sont majoritairement éduqué : 76% ont au moins le baccalauréat. Il s’est imposé auprès des citadins, alors que son concurrent s’est, quant à lui, plutôt distingué dans les campagnes. Enfin, il n’a pas seulement rassemblé l’électorat écologiste. Il a également su coaliser contre l’extrême droite les électeurs autrichiens des partis traditionnels : 48% des électeurs d’Alexander Van der Bellen se sont d’abord prononcés « contre » Norbert Hofer.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

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