Depuis 2003, Hamide Canolli – originaire d’Albanie – s’occupe de l’ASBL Dora Dorës à Huy. Arrivée dans la ville en 1999, elle réalise rapidement que les albanophones n’ont pas bonne réputation dans la région. Qu’à cela ne tienne, elle se lance dans le projet de changer cette image négative, projet qui deviendra Dora Dorës, un lieu de ressources, de formation et de solidarité pour les personnes issues de l’immigration qui compte pas moins de 30 nationalités.

Sa manière de procéder ? S’adresser aux femmes et les aider à se trouver une place dans la société, à y participer et à y vivre ensemble. Si le projet débute d’abord par les albanophones, très vite Hamide se rend compte des similarités qui existent entre les parcours migratoires et l’ASBL propose son aide à qui le souhaite. On retrouve parmi les personnes qui sollicitent Dora Dorës des demandeurs d’asile récents, tout comme des personnes installées depuis très longtemps dans le coin, hommes, femmes, originaires du Moyen-Orient, d’Asie ou d’Amérique latine.

 

Dora Dorës démontre au quotidien, par ses très nombreuses initiatives, que la peur et le rejet de l’autre ne sont pas une fatalité, mais qu’au contraire, l’immigration est une formidable source de richesses et d’échanges. Construire des ponts entre les communautés a bien plus de sens que d’ériger des murs, et cette association y œuvre remarquablement.

Rodrigue Demeuse

Co-président, Régionale Ecolo Huy-Waremme

 

Aujourd’hui, l’association est soutenue par la ville et reçoit des subsides pour donner des cours de français langue étrangère. Elle propose aussi un « service » d’aide aux devoirs, rapidement victime de son succès. D’un ou deux enfants au début, le bouche à oreille a porté ses fruits et le cours est souvent complet malgré l’absence totale de publicité. Dora Dorës aide aussi les apprenants dans leurs contacts avec les institutions pour aider avec les démarches administratives (conseils ou traduction).

Dora dores c’est donner la main. C’est une alliance, c’est être à l’égal.

Parmi les nombreux autres apports de Dora Dorës, on retrouve pêle-mêle :

  • Un service d’insertion sociale et professionnelle (comment postuler, comment rédiger son CV, contacter le forem)
  • La mise en place du parcours d’intégration via la formation obligatoire « vivre en Belgique »
  • « L’heure du thé » : chaque dernier jeudi du mois, un moment de rencontre au carrefour des cultures, autour d’une tasse de thé, de petits plats sucrés salés apportés par les participants et de la découverte d’un pays ou d’une coutume.
  • Des conférences, débats, expositions, etc.

Avec ses cours de français, son école de devoirs et tous ses moments de convivialité multiculturelle, Dora Dorës est un modèle dans l’intégration des personnes venues d’ailleurs ! Pour nous, les autorités communales devraient mieux soutenir ces lieux de ressources, de formation et de solidarité pour les personnes issues de l’immigration.

Samuel Cogolati

Conseiller communal Ecolo, Huy

 

Et si officiellement, tout le monde n’a pas le droit à bénéficier du « parcours d’intégration ». L’ASBL ouvre plus largement ses services, à ceux qui viennent de leur propre initiative, peu importe qu’ils conviennent aux critères. Le but premier reste de participer et de trouver sa place dans la société.

Aujourd’hui, Dora Dorës est limité à 120 étudiants pour la simple raison qu’il n’y a pas d’autre créneaux horaires disponibles ou d’autres salles de classe. Ceci dit, les apprenants apprécient énormément l’aspect familial de l’apprentissage, c’est un autre état d’esprit que des cours dispensés par une administration. Le service public donne le sentiment d’une grande distance, Dora Dorës offre une certaine proximité.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

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